J’étais arrivé rapidement dans les quartiers où se trouvait Lee, elle était là, assise tranquillement à astiquer une arme.
Tu sais que si tu continues, on va devoir prendre des mesures, lui dis-je.
Même pas en rêves apollon, tu sais que c’est mon stock et que j’en fais ce que je veux…
Les ordinaires pourraient entendre…
Fous toi de moi 494, la charge était trop faible, je me demande pourquoi tu es venu…
Tu me connais, j’adore venir te voir…
Tout le monde va bien, grogna légèrement Lee.
Tonton !!, appella une petite fille pleine de suie sur la figure. C’est de ma faute, j’ai fait une erreur, affirma-t-elle.
Lee, ce n’est qu’une enfant, tu ne devrais pas lui apprendre ce genre de choses.
Raison de plus, ils ne s’en méfieront pas… Ils sont trop idiots pour ça.
Elle n’a pas 6 ans.
C’est un soldat comme un autre.
Lee…
Elle doit savoir se défendre, grogna Lee.
Je suivis le regard de la X qui observait l’enfant monter et démonter une arme.
T’inquiètes pas, elle est pas chargée, je ne suis pas totalement folle.
L’enfant finit de le remonter, bien qu’elle ne fut pas très rapide, elle réussit.
Tonton regarde !!, dit la petite en pointant l’arme vers moi.
Des coups de feux retentirent…
Meredith était dehors, au beau milieu de la cour, observant les toits. Une silhouette filiforme se tirait de tout son long aux aguets.
Tu n’étais pas avec Will, demanda une voix, la faisant stopper sa contemplation.
Non, il était en grande discussion avec elle, répondit-elle.
Jalouse ?
Non Alec, réaliste, dit-elle en regardant à nouveau la forme sur le toit.
Suricates, sentinelles du désert, en permanence aux aguets, prêts à prévenir, en cas de danger. Regarde mieux…, l’incitais-je.
Meredith regarda plus attentivement la forme, plus elle regardait plus quelque chose la choquait, il y avait une tête, mais deux visages… Il n’y en avait pas un mais deux.
Jamais l’un sans l’autre, ils protègent mutuellement leurs arrières.
Ah bon ?
Oui, je me demande comment réagirait l’un si l’autre venait à mourir.
Il mourrait de chagrin, répondit-elle à voix basse.
Je ne répondis pas et l’incitais à me suivre.
Une petite balade, ça te dit ?
Elle ne répondit pas, se contentant de sourire, c’était oui…
Lexy était en colère, comment avait-elle osé ? Etait-ce la réalité ? Avait-elle menti ? Elle l’a connaissait si bien… Elle pouvait mentir… Il fallait qu’elle trouve sa sœur, savoir si ses suppositions étaient fondées… En marchant vite elle tomba sur la petite Kaly qui jouait avec un X.
Je peux savoir où est ta…, la jeune femme regarda le jeune X. Meilleure pote, finit-elle en grognant légèrement.
Aucune idée, je ne l’ai pas vu depuis ce matin…, répondit l’enfant.
Merde !, grogna Lexy en quittant les enfants.
J’avais emprunté un véhicule à la sortie des égouts, il fallait que je sache, je décidais de l’amener à un endroit ou j’aimais aller, et que Max m’avait fait connaître...
Je te présente le Space Needle, tu montes avec moi ? La vue y est magnifique.
Elle ne répondit pas, j’espérais qu’elle serait plus loquasse une fois en haut. Je l’aidais à monter les marches qui nous séparaient du toit, une fois arrivés, elle poussa un soupir. Je la regardais, elle semblait apprécier la vue, elle se déplaça jusqu’au bord.
Tu avais raison, la vue est superbe, on dirait de toutes petites fourmis, d’ici, tout à l’air simple… Elle avait commencé d’une voix normale puis elle s’était atténuée à mesure qu’elle parlait.
Tu lui as dit ?
Il ne comprendrait pas…, dit-elle en venant s’asseoir auprès de moi.
Il n’y a rien à comprendre Meredith… Je posais ma main sur son ventre, elle me laissa faire.
Il ne comprendrait pas…, répèta-t-elle.
Tu es enceinte de lui, je ne vois pas ce qu’il y a de compliqué…
Elle ne me répondit pas, il y avait un malaise…Je décidais de changer de sujet.
Je peux te demander quelque chose ?
Je me réserve le droit de ne pas répondre, dit-elle.
Ce soir là… Tu m’as fait quoi ?
Après une seconde de surprise elle répondit.
Elles m’ont obligé.
Qui ça ?
Mes voix… Elles savaient, elles avaient peur pour nous… Mais elles savaient aussi que Lexy nous retrouverait ainsi…
Pourquoi être venues ici ?, demandais-je. Tu savais que tu étais en danger en venant à TC…
Je n’étais pas en danger, coupa-t-elle. J’ai été créée pour faire ceci… J’avais des ordres, je devais obéir, tout comme toi quand tu assassinais des gens…
Je ne t’ai rien fait subir… Jamais l'un d’entre vous n’a été ma cible, bien sûr, je vous en voulais pour ces mois dans votre section…
J’ai été créé pour ça… Lexy aussi…, coupa Meredith.
Pourquoi es-tu venue ici ?
Me sentir en sécurité… Protéger les petites… Il y a beaucoup de raison pour lesquelles je suis venue…
Risquer ta vie et celle de ta fille ?
Elle ne risque rien, je la protège.
En jeûnant ?,demandais-je.
Elle a atteint son poids, elle ne risque plus rien, elle a puisé dans mes réserves, dit-elle le plus simplement du monde.
Elle baissa la tête, sachant qu’elle avait effectivement mis la vie de son fœtus en danger, un silence s’installa.
Je suis venue ici pour qu’elles soient en sécurité… Il ne sait rien, je lui ai menti… J’ai brisé le pacte…
Parle moi de ce pacte, Lexy semble l’utiliser comme un moyen de chantage…
Elle l’observe un instant, elle n’avait pas parlé autant depuis bien longtemps, mais il était temps qu’il sache…
Un pacte de non agression nous permet de vivre en harmonie au Canada avec les séries X, on n’utilise pas nos dons sur eux, ils nous protègent.
Et tu as utilisé tes dons sur lui pour lui cacher, c’est pour ça qu’il ne remarque rien… Ce n’est pas le père ?, demandais-je plus bas.
Elle regarde la vue, un autre silence s’installa.
C’est drôle mais je n’ai jamais aimé les hauteurs, mais Lucy adore… Lexy m’a toujours protégé, un peu comme tes sentinelles, l’une veille sur l’autre…
J’ai une question la concernant ; Le jour ou elle est arrivée elle s’est présentée sous le nom de Lexy Ann, c’est le nom d’une de ses voix ?, la coupais-je
Non… Ann… était vivante, mais trop jeune pour s’enfuir seule… Au moment de l’incendie les quartiers des plus jeunes ont été touchés en premier, on est arrivés trop tard…
Il n’avait pas retrouvé Meredith, il ne savait pas ou elle était, sûrement enfermée dans sa chambre… Il irait voir après, d’abord il fallait trouver cette Lee. Il marcha dans la cour et se trouva nez à nez avec une jeune femme, hispanique, très fin, elle semblait attendre quelque chose.
Je cherche Lee… , dit-il sans passer par 4 chemin.
Je peux être Lee si tu veux, ronronna-t-elle.
Non moi je veux la vraie, grogna-t-il.
Tant pis, dit-elle la mine visiblement déçue.
Il la dépassa et se mit à marcher en direction des bâtiments, au bout d’un moment il vit une jeune femme aux cheveux courts, châtains. Elle était assise sur un banc, elle s’affairait avec une arme, auprès d’elle une jeune X qui griffonnait sur un papier.
582, qu’est-ce tu fou ici ?, demanda-t-il
Ca ne se voit pas ? Je bronze, ironisa-t-elle en regardant le ciel gris.
Toujours autant d’humour à ce que je vois.
Il regarde par-dessus l’épaule de l’enfant qui gribouillait « Je ne vole pas l’arme de Tonton ». Visiblement la gamine avait fait une bêtise.
Qu’est ce qui t’amène dans le coin ?, demande-t-elle en posant délicatement l’arme sur le banc. Tu te cherches enfin une de ta série ?
Je cherche Lee, dit-il ne faisant pas attention à la seconde phrase de la jeune femme.
Et pourquoi me cherches-tu ?, demanda-t-elle en se levant.
C’est toi Lee ?, s’étonna-t-il en observant la jeune femme.
Oui c’est moi, ça a toujours été moi, tu n’as simplement jamais demandé autre chose que mon matricule... Je peux savoir pourquoi tu me reluques ainsi ?, s’irrita-t-elle en le voyant l’observer avec insistance.
T’es enceinte ?
Je peux savoir en quoi ça te regarde 222 ? Je ne te dois plus rien, on est plus à Manticore, grogna-t-elle en prenant son arme.
Du calme 582, c’était une simple question.
Tu crois quoi ? Que je vais te tirer dessus ? Mes hormones me jouent des tours mais je n’attaque pas les miens… Moi, crut-elle bon d’ajouter.
Sur ce, elle mis son arme dans l’étui qu’elle avait attaché en bandoulière sur son flan gauche, sans un mot ni même un regard pour William elle s’éloigna, l’enfant qui était toujours aux côtés du X, se leva et partit en emportant le morceau de papier sur lequel elle griffonnait.
Une chose me chiffonne, Will, dit-elle en se retournant. Pourquoi est-tu venu me voir ? Tu sembles surpris que je sois enceinte. N’es-tu donc pas au courant que ta Psy est atteinte du même mal que moi ? Serais-tu le seul à ne rien voir ?
Il ne répondit pas, elle sourit.
Je vois qu’elle n’est pas très fidèle… Je me demande qui peux bien être le père ?, se demanda-t-elle à voix haute tout en reprenant doucement sa route. Le psy à la coupe décoiffée est pas mal… Quoiqu’il y en ait d’autre pas mal dans son clan… Clan quel mot débile… Ils peuvent pas faire comme tout le monde et appeler ça une unité, non ? Ils ne feront jamais rien comme les autres ceux là…
Venant d’une femme qui a promis fidélité à un homme décédé il y a 2 ans, sachant que Manticore a brûlé il y a 1 an et demi et que tu es visiblement enceinte de 8 mois… Garde tes remarques pour toi.
Pour toute réponse la jeune femme leva son bras droit et lui fit un doigt d’honneur.
J’ouvrais doucement la porte, l’appartement était vide, Max ne m’attendait pas. Pour une fois qu’elle n’était pas assise dans mon canapé à attendre que je rentre… J’observais le miroir seul témoin de nos ébats, j’étais légèrement déçu. J’enlevais ma veste pour la lancer sur le canapé, c’est la que je sens… Je me regardais dans le miroir, une tâche rouge salissait mon tee-shirt.
Merde, c’était le seul encore potable, grognais-je en l’enlevant ce qui m’arracha une mimique de douleur.
Avec mon Tee-shirt j’essuyais le sang sur mon flan droit.
Flash back
L’enfant finit de le remonter, bien qu’elle ne fut pas très rapide elle réussit.
Tonton regarde !!, dit la petite en pointant l’arme vers moi.
Des coups de feux retentirent…
Je me déplaçais rapidement auprès de la fillette, d’une main je saisis l’arme, l’autre se leva instinctivement, non pour la frapper mais pour lui faire peur… Alors que ma main libre était levée, sa progression vers la bouche de l’enfant fut stoppée par une poigne de fer.
Je t’interdis de lever la main sur ma fille, grogna Lee, en maintenant la pression sur mon avant bras.
Merde Lee, tu disais que l’arme était pas chargée, rugis-je.
Donne moi ça, ordonne-t-elle en prenant l’arme de ma main, elle s’éloigna légèrement pour observer celle-ci.
Pour info je n’allais pas la frapper, dis-je en regardant la petite.
Regarde tonton, dit-elle en montrant un morceau de journal épinglé à sa hauteur au mur en face de nous, il y avait eu 5 coups tirés, 5 impacts. Le morceau de papier était troué par 4 fois, le 5ème trou était plus bas.
C’est pas une de mes armes Alec, dit Lee dont la colère montait peu a peu. C’est un 9mm, Alec, je n’ai pas de 9mm, je préfère les 8…
Je ne répondis pas… Décidant de tâter mon dos, à la place où devrait se trouver mon arme, je pâlis.
Merde Alec, tu fais chier, depuis quand tu viens armé ici ?
Je, je l’avais oubliée…
Fin du flash back.
Alec ? Alec ?! Hurla Max qui me secouait.
Je ne suis pas sourd encore !, grognais-je.
Non mais t'es blessé, elle t’a touché ?
Sérieux Max je n’avais pas remarqué, m’exclamais-je.
Calme toi., me temporisa Max. Je vais chercher de quoi te soigner.
Elle alla droit dans la toute petite salle de bain et revint avec du coton et de l’alcool.
Tu veux me tuer ?, demandais-je en voyant la bouteille d’alcool.
Chochotte, ce n’est pas un peu d’alcool qui va te tuer.
Oui, oui c’est pas toi qui es blessée, Max.
Assied toi et bois, ordonna-t-elle en allant chercher une bouteille de whisky sous l’évier.
Tu crois que ça va me saouler et que tu vas pouvoir abuser de mon corps ?
Crétin, grogna-t-elle en me poussant sur le canapé.
Oh oui, abuse de moi, rigolais-je.
Pour toute réponse elle imbiba le morceau de coton d’alcool à 90° et l’appuya sur la blessure. Je serrai les dents pour ne pas hurler.
Chochotte, dit-elle.
Pense ce que tu veux Max, dis-je très sérieusement en la regardant, ce qui la troubla et me fit sourire.
Comment c’est arrivé ? Tu as mis en colère Lee ?
C’est de ma faute, dis-je simplement.
Comment ça de ta faute ?, demanda-t-elle.
J'ai déposé mon arme sur la table basse.
Je l’ai oubliée… Il était chargé, Sara l’a pris, je ne l’ai pas senti…
Et elle t’a tiré dessus, finit-elle.
J’ai fais une connerie, je le paye…, dis-je en faisant une mimique de douleur.
Fais pas de manières, ce n’est que superficiel, dit-elle en finissant le bandage.
Je ne répondis pas, préférant l’observer jouer à l’infirmière avec moi. Le stylo qu’elle avait au QG était toujours à son oreille, je lui enlevai délicatement en caressant du bout des doigts ses cheveux. Elle me regarda, troublée, j’adorais lui faire ça… Je m’avançais et lui donnais un baiser dans le cou.
Alec… Soupira-t-elle. Tu es blessé…
Qu’es-ce que tu disais l’autre jour ? Faire acte de présence, je ferais le reste ?, demandais-je, je souris quand je la vis rougir, j’arrêtais de caresser ses cheveux, et l'amenait à mes lèvres, l'attirant sur moi ...
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